Il y a les enfants qui, à l'âge de deux ans, vernissent déjà les ongles de leurs parents avec une précision d'orfèvre. Et ceux qui, à trois ans, sont capables de couper des concombres en fines rondelles. Et puis il y a ceux, comme moi, qui apprennent seulement en deuxième classe à se servir correctement d'un couteau. Chaque enfant va à son propre rythme, et j'imagine que les prédispositions et les centres d'intérêt jouent beaucoup. Si un bambin est habile de ses mains et possède une bonne coordination œil-main, il s'intéressera davantage aux activités faisant appel à la motricité fine. En tant que maman de trois enfants très différents, je peux affirmer que, quelles que soient les aptitudes de départ, la motricité fine peut toujours être encouragée. Toujours.
En matière de bricolage, j'ai fait l'erreur de forcer la main à mes deux aînés. J'ai essayé de les motiver à réaliser divers projets à grand renfort de ciseaux, colle, papier et paillettes multicolores. Mais sur le moment, je ne me suis pas rendu compte du fait que pour eux, c'était beaucoup trop exigeant. Ils arrivaient à rester concentrés pendant deux minutes, et après, c'était terminé: ils perdaient tout intérêt pour l'activité, et j'étais bonne à terminer le bricolage à peine commencé. Au final, tout le monde était frustré: mes enfants, qui se rendaient compte de leur incapacité à terminer un projet, et moi, parce que mes bonnes intentions et mon investissement n'avaient pas payé.
Mais il y avait quelque chose qu'ils aimaient beaucoup faire et qui contribuait merveilleusement bien à développer leur motricité fine, c'était la pâtisserie et la cuisine. Ils adoraient m'aider à peser, écraser, éplucher, verser, remuer et découper les aliments. Ces activités sont vraiment idéales pour les enfants en bas âge! Je dois avouer que je ne les laissais pas toujours faire, car je n'avais pas forcément le temps ni les ressources mentales: en effet, la cuisine avait fortement tendance à se transformer en champ de bataille!
J'ai procédé différemment pour favoriser la motricité fine de mon troisième enfant, qui était lui adepte du bricolage. C'est bien simple, il pouvait passer une heure entière à enfoncer des billes colorées, des pâtes, des graines ou des paillettes dans de la pâte à sel et à fabriquer des dinosaures multicolores avec de la pâte à modeler. Il a également appris à faire des découpes en toute autonomie. Il prenait sans cesse les ciseaux et essayait de découper tous les matériaux possibles et imaginables. Je peux d'ailleurs vous dire que son T-shirt l'a échappé belle! J'ai fait le choix de l'impliquer activement dans les tâches ménagères. Je l'ai par exemple laissé doser la lessive, me faire un café ou éplucher des carottes pour faire une salade. Il n'a pas encore tout à fait quatre ans, mais du point de vue de la motricité fine, il est plus que prêt à faire sa rentrée au jardin d'enfants!
Ce qui est sûr, c'est qu'il est très important de surveiller attentivement le développement de la motricité fine. Au jardin d'enfants au plus tard, le corps enseignant peut également prêter attention à cet aspect. Le fait est que certains enfants souffrent d'un trouble de la motricité fine, et peu importe le temps qu'on leur consacre, ils auront toujours nettement plus de difficultés que leurs camarades du même âge, ce qui peut entraîner chez eux une grande frustration et un manque de confiance en soi. En cas de doute, il est recommandé de faire appel à un·e professionnel·le (pédiatre ou pédagogue curatif/curative par exemple).
Grâce à l'ergothérapie ou encore la thérapie psychomotrice, ces enfants peuvent faire des progrès remarquables – chacun à son propre rythme. Car c'est bien connu: l'herbe ne pousse pas plus vite quand on tire dessus.