Ecole et éducation
Nadja: blogueuse Hello Family

Les montagnes russes de l'adolescence

Dans son nouvel article, Nadja explique comment accompagner au mieux son enfant dans la période délicate de l'adolescence.

Traverser l'adolescence, c'est comme faire un tour en grand huit – mais sans barre de sécurité, et en ayant parfois la furieuse envie de descendre en marche. Être parent d'un adolescent, c'est comme tenter de domestiquer un octopode. Il plonge, glisse, tournoie, se prend dans ses tentacules. Il nous esquive, s'éloigne, puis revient nous chercher.

À l'adolescence, le monde ressemble souvent à une immense cour de récréation, mais sans règles du jeu clairement identifiables. Les meilleurs amis d'aujourd'hui sont les ennemis jurés de demain. Aujourd'hui, on se sent invincible et prêt à conquérir le monde. Le lendemain, on aimerait être invisible et se pelotonner sous sa couette. La vie ne semble faite que de «peut-être». Une oscillation perpétuelle entre «tout est possible» et «personne ne me comprend».

À l'adolescence, la vie est aussi faite de premières fois. Premier trajet en tram tout seul... Comme on se sent fier! (Même si la nervosité nous a fait descendre cinq stations trop tôt.) Premier amour, premiers baisers. Premiers succès... Par exemple quand la prof nous couvre d'éloges devant la classe. Première virée shopping. Premières vacances sans les parents. Premier argent gagné à travailler. Des moments d'exaltation, où le monde semble à portée de main, prêt à nous ouvrir ses portes.

Aussitôt suivis de coups durs. Ces boutons qui nous défigurent et que tout le monde remarque, c'est certain. Le prof qui nous tire brusquement de notre rêverie pour exiger une réponse à une question qu'on pensait rhétorique. Les parents qui ne comprennent plus rien, en tous cas pas du premier coup, et qui font comme s'ils savaient ce que c'est que d'être un adolescent (croyez-moi, ils le savent). Les cœurs qui se brisent, les amitiés qui se défont. Et le monde illusoire des réseaux sociaux qui nous fait croire que la vie est tellement plus belle pour les autres. L'humeur d'un ado est volatile, et peut changer en quelques secondes sans que personne sache pourquoi. Pas même lui.

Pendant l'adolescence, les parents aussi sont sur la corde raide. Il faut offrir à son enfant le soutien dont il a besoin, tout en restant à distance pour lui laisser faire ses expériences. L'humour peut aider – et le recul. Se rappeler que cette phase finira par passer. Laisser passer l'orage en guettant l'accalmie. Nous devons nous montrer compréhensifs, être à l'écoute et garder notre calme – même quand notre ado nous lance des regards noirs et que notre simple présence dans la pièce semble l'offenser. Pour garder le cap pendant les tempêtes émotionnelles, ne négligeons pas notre bien-être. C'est recentrés et ressourcés que nous sommes les plus utiles à nos enfants.

Les petits gestes ont parfois de grands effets. Ils signalent à notre ado que «tout va bien, je suis là». Après une journée difficile, nous pouvons par exemple lui cuisiner son plat préféré. Nous pouvons le laisser dormir toute la matinée, et lui demander à l'occasion comment il se sent. Surtout, ne nous vexons pas s'il ne daigne pas nous répondre. (La réponse viendra sans doute plus tard, longue et détaillée – probablement à un moment où nous serons occupés et pressés.) Soyons là pour nos enfants, tout simplement. Rappelons-leur qu'ils peuvent toujours s'en remettre à nous. Nous sommes leur port d'attache. Ils prennent la mer, essuient parfois des tempêtes, et nous reviennent dépités, le mât de travers et les voiles abîmées. Et nous, nous les attendons sur le quai, nous les requinquons et les remettons d'aplomb pour leur prochaine traversée.

Oh non, l'adolescence n'est pas une période facile. Ni pour les enfants, ni pour les parents. La compréhension mutuelle nous fait parfois défaut, car chaque membre de la famille a sa propre vie à mener et ses obstacles à surmonter. Même si, soyons honnêtes, les parents sont plus aguerris à cet exercice. Il est bien plus facile pour nous de rester disponibles pour nos enfants et de les écouter que l'inverse. Et c'est tout ce qui importe: nos enfants doivent savoir que nous sommes là pour eux. Que nous les écoutons attentivement, que nous les comprenons et que nous les aidons en cas de besoin. Ils doivent aussi savoir que nous pouvons les laisser vivre leur vie et nous effacer quand il le faut.

Dans dix ans, notre ado nous dira probablement en souriant: «Vous n'étiez pas si affreux, finalement.» Et nous, nous penserons «C'était affreux pour nous, mais c'est du passé maintenant.» Et si, au bout du compte, tout le monde continue de s'aimer malgré tout, nous pourrons être fiers de nous.

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