Les adolescents ont besoin d'espace pour se trouver, essayer des choses, tester leurs propres limites et celles de leurs parents. Ils ont besoin de ces moments où ils ne sont pas observés. Ils doivent prendre des décisions sans que nous soyons là pour les approuver. Ils doivent faire des erreurs pour pouvoir ensuite les assumer.
En revanche, ce dont ils n'ont pas besoin, c'est d'être surveillés en douce: si leurs parents leur posent des questions faussement innocentes, fouillent dans leur téléphone, ou vérifient sans cesse où ils se trouvent, il y a fort à parier qu'ils réagissent en se repliant sur eux-mêmes, en s'enfermant dans le mutisme ou en adoptant une attitude de défiance.
Pour autant, laisser de la liberté aux adolescents ne veut pas dire qu'il faut les laisser livrés à eux-mêmes. Il faut savoir rester présent sans être intrusif. Nous devons nous efforcer de trouver le juste milieu: les écouter même lorsqu'ils ne souhaitent pas parler, leur accorder notre confiance, même si intérieurement nous n'en menons pas large. Gardons à l'esprit une chose: la proximité ne passe pas seulement par la présence physique, mais aussi par la confiance, le respect et l'intérêt que nous portons à nos ados.
Concrètement, quelle est la bonne attitude à adopter? Nous pouvons discuter avec les adolescents de ce qu'ils attendent de nous, de ce qui est négociable ou pas, de ce que représente la liberté pour eux et pour nous et de ce que signifie le fait d'assumer des responsabilités. Lorsque les adolescents savent à quoi s'en tenir, que nous fixons des limites en concertation avec eux, ils se sentent plus en sécurité – même s'ils le reconnaissent rarement.
Ensuite, nous devons simplement supporter... qu'ils laissent échapper quelques jurons lorsqu'ils nous parlent; qu'ils pensent tout savoir mieux que nous; qu'ils sortent seuls et rentrent tard (une rude épreuve, oui, je sais!); et qu'ils aient besoin de nous, même s'ils l'expriment différemment à cet âge.
Nous pouvons créer de la proximité à travers de petits rituels, comme un repas du soir pris en commun, un trajet à deux, ou une petite phrase comme «Je suis là si tu as besoin de moi.»
Laisser de la liberté aux adolescents, ce n'est pas rompre la relation avec eux. Au contraire, c'est une marque de confiance. Comme si l'on disait à son enfant: je crois en toi. Même si tu n'as pas encore toutes les réponses. Même si, en ce moment, tu me trouves pénible. Je suis là.
Des parents qui laissent de la liberté aux adolescents ne renoncent pas à s'occuper d'eux. C'est la preuve d'un amour inconditionnel, une marque de confiance et un grand pas vers l'âge adulte – pour les deux parties.